Google Latitude: Big Brother en poche?

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Google a encore fait grand bruit hier en lançant son nouveau service qui répond au doux nom de Google Latitude.

Pour ceux qui auraient vécu les 24 dernières heures sur une autre planète et auraient raté les couvertures réalisées par entre autres La Libre, Le Soir, Le Vif, RTL, la RTBF, la Dernière Heure, Telepro, Actu 24, eMich (dont le monde sait maintenant qu’il se lève à 7h04 et boit du café) et autres médias du pays (avec d’ailleurs des titres plus ou moins accrocheurs), Google Latitude est une application à installer sur son téléphone mobile qui vous permet de montrer en permanence aux amis que vous sélectionnez (ou aux conjoints qui vous l’imposent?) où vous vous situez. Ainsi je peux voir sur mon PC ou mon téléphone mobile où se trouvent mes amis inscrits au service. (voir illustration)

Car oui, je suis un grand curieux devant ce genre de jouets et je n’ai pas pu m’empêcher de l’installer. Comme tout geek curieux, j’ai reçu lors de l’inscription à faire sur son téléphone mobile les 12 pages de conditions générales d’utilisation que j’ai évidemment lues en détail sur le petit écran de mon GSM…

Il me semble évident que les deux risques principaux de s’inscrire à tel service sont:

  1. Le coût
  2. La vie privée

Le coût

Tiens, alors que tout le monde lève les boucliers de Big Brother et de la vie privée, qu’est-ce qu’il vient nous parler de coûts? C’est quand même pas la crise. Et bien oui, les coûts sont à mes yeux au mieux, une inconnue, et au pire, un risque.

Quand je consulte le service, je constate fréquemment que les mises-à-jour sont assez récentes. Je me pose donc la question: qui est capable de dire combien de kilobytes d’informations quotidiennes le service envoie-t-il à partir de mon GSM à l’insu de mon plein gré. Il s’agit très probablement d’une quantité d’information minime (un identifiant, un x et un y), mais à quelle fréquence? Et pour peu que l’on ait un abonnement data limité et que l’on dépasse son forfait, à quels genres de montants peut-on monter? Tout cela sans parler du roaming une fois que l’on est à l’étranger ou trop près de la frontière…

Peut-être me pose-je trop de questions, mais je serais curieux de savoir si quelqu’un a déjà fait le calcul.

La vie privée

Ah là, le cheval de bataille de beaucoup de monde, la discussion qui anime les tables et forums.

Ma première réflexion à ce niveau est assez simple: Google n’est pas une ASBL et n’offre pas ce genre de services juste pour améliorer la vie en société (non, non…). Il s’agit d’une société avec un but commercial (qu’elle atteint d’ailleurs avec une certaine réussite) et ces données seront exploitées d’une façon ou l’autre à des fins commerciales. Si l’utilisateur fait le choix conscient de poster sa position qu’il en comprenne les conséquences possibles et soit près à les assumer dans une certaine mesure.
Ceci dit, le risque est plus le peu de garde-fous mis en place pour éviter les abus. Rien ne garantit à 100% que si je désinstalle le service mon GSM ne continuera pas à régulièrement informer big G de ma présence. Mais rien de concret n’indique le contraire non plus.

Néanmoins, j’ai cherché les conditions d’utilisation de Latitude sur PC et suit tombé sur les conditions de vie privée de Google Mobile. Leur côté un peu vague vaut le détour. En voici quelques extraits:

Most of the personally identifying information we collect is what you tell us about yourself.

J’aime assez ici l’emploi du mot « Most » qui pourrait sous-entendre que d’autres ne sont pas fournies par vous-même.

Sometimes, we record your phone number.

Ici aussi, sometimes: des fois oui, des fois non, tu verras bien.

This information may reveal your actual location, such as GPS data, or it may not, such as when you submit a partial address to look at a map of the area.

It may… or it may not, j’adore 😉

We also use the information for support, to develop new features, and to improve the overall quality of Google’s products and services.

« To improve the overall quality » est probablement la phrase qui permet tout si on tire par les cheveux.

J’avoue, je chicane, et loin de moi l’idée de crier au loup ou au scandale. D’ailleurs, pour faire justice à Google, ces conditions mobiles ne sont qu’une annexe aux conditions générales de vie privée, mais la façon dont ces phrases sont rédigée est assez remarquable et l’épisode Google Chrome nous rappelle qu’il est bien d’éviter d’être naïf.

Donc, ami geek, que l’on parle de services mobiles ou en ligne, il te reste quatre solutions: ne rien installer de potentiellement risqué (autrement dit arrêter d’être geek), lire les conditions générales en détail avant chaque installation, faire n’importe quoi et prier pour qu’il n’y ait pas de conséquences, ou parier sur un mix de confiance et de bon sens en contrôlant le nombre et type d’information que tu rends -directement ou indirectement- accessible.

Si tu optes pour la dernière solution, permets-moi de te conseiller -dans le contexte plus large de l’identité numérique- la lecture de quelques conseils récemment publiés par Presse-Citron.

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One comment on “Google Latitude: Big Brother en poche?

  1. En ce qui concerne GL, j’ai opté pour la solution 1, ai refusé ton invitation (envoyée automatiquement à tout ton carnet d’adresse ?)…

    Mais j’ai pas renoncé à être geek, je regarderai à quoi ça ressemble sur ton BlackBerry, hein ! 🙂

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